Pour la première fois, le génocide arménien a été commémoré en Turquie, par la Branche d'Istanbul de l'association des droits de l'homme.
Les interventions d'Ara sarafian (historien) ont été très applaudies et les participants turcs ont condamné le génocide et sa négation, ont rendu hommage à la mémoire des victimes, tout en disant que les Turcs et les Kurdes devront un jour faire des excuses à la communauté arménienne.

« La négation est une partie constituante du génocide lui-même et elle a comme conséquence le prolongement du génocide. La négation du génocide est une violation des droits de l'homme. »

Contrairement à il y a deux ans (colloque sur la question arménienne), la commémoration n'a été entachée d'aucune manifestation de nationalistes.

>> Article armenews

**EDIT**

Le 24 avril a été également l'occasion pour l'Association des Opposants aux Génocides de publier un texte reconnaissant et condamnant de manière très forte le génocide arménien, et plus généralement la période 1915-1923 où furent massacrés de façon systématique non seulement les Arméniens mais également les Assyro-chaldéens, les Grecs et les Kurdes.
Les démocrates turcs de ce mouvement condamnent également l'attitude négationniste de la Turquie actuelle, qui use de mensonges et de propagande, et ce, depuis 93 ans.

>> Communiqué de presse (Frankfort)
extrait:

C’est l’anniversaire de la date où, durant une courte période de 8 années, entre 1915 et 1923, 1,5 millions d’Arméniens, 500 000 Assyriens, près d’un million de Grecs, 70 000 Kurdes de religion yezidie, ont été systématiquement massacrés, déportés et dépouillés par la main de l’Etat. Le 24 avril, c’est l’anniversaire du jour où les autorités de l’Etat ont marqué le front du peuple turc d’une tâche noire, indélébile depuis 100 ans.

Comme nous le savons tous, la République turque, continuité de l’Empire ottoman, refuse de reconnaître cet acte survenu aux yeux de l’opinion publique internationale. Pour pouvoir cacher la vérité du génocide à sa propre opinion publique, elle fait appel aux mensonges et aux calomnies contre les victimes en prétendant que c’étaient les Turcs qui étaient des “victimes” voire même que c’étaient les Turcs qui avaient subi un “génocide”. Parallèlement au nettoyage ethnique qui continue depuis 100 ans, elle poursuit son opération visant à créer artificiellement une nation turque.

(Ali Ertem et Bülent Gül)