Le 1er tour des élections présidentielles approche à grand pas, et dans la tête de beaucoup de Français d'origine arménienne, une question trotte dans les têtes: quel candidat soutient la cause arménienne, quel candidat, une fois élu, bloquera ou débloquera la situation s'agissant de l'entrée de la Turquie en Europe et de la loi sur la pénalisation de la négation du génocide arménien?

Bien sûr ce n'est pas la question fondamentale lors d'un vote aux présidentielles, puisque avant d'être Français d'origine arménienne nous sommes Français tout court. Mais c'est un élément important à prendre en considération (comme les fumeurs, les travailleurs, les retraités etc vont également prendre en compte leur revendications, leurs particularités et intérêts propres). C'est un élément qui devrait d'ailleurs toucher tous les Français, c'est une question universelle et non pas communautaire ou bilatéral (arméno-turque).


Voici les positions des principaux candidats qui ont donné une interview dans les médias arméniens.
>> Le CCAF et les présidentielles (armenews)
>> Meeting PS-FRA à Alfortville (armenews)

Ségolène Royale a confirmé son soutien à la cause arménienne, et à la loi pénalisant la négation du génocide arménien. Le PS avait d'ailleurs été à l'initiative de cette proposition de loi votée en Octobre 2006. Elle n'a pas été mise à l'ordre du jour du Sénat, Hollande avait alors promis que si la candidate PS était élue président de la République, ils feront tout pour recommencer le processus d'adoption de cette loi.

S'agissant de l'entrée de la Turquie dans l'UE, Royal est favorable, mais à la condition sine qua non d'une reconnaissance par la Turquie du génocide arménien. Il n'y aura pas de référendum soumis à la population française tant que la Turquie ne reconnaitra pas le génocide.

"Le négationnisme est une attitude, une perversion de l’esprit qui me fait personnellement horreur. Et ce, quelle que soit la circonstance, quel que soit le génocide" (Ségolène Royal dans Nouvelles d'Arménie)

Nicolas Sarkozy est contre l'entrée de la Turquie, et est favorable à un partenariat privilégié. L'UMP avait voté majoritairement pour la loi en Octobre dernier. Il s'engage personnellement à ce que le "négationnisme n'ai pas le droit de cité". Mais il n'est pas très clair sur la question de la loi de pénalisation. Il estime qu'il faut refuser le négationnisme d'Etat surtout quand il s'exporte, qu'il est dangereux de manipuler l'histoire et nier des faits historiques établis, mais reste neutre, évitant ainsi de se mettre à dos les différentes communautés et les différents élus qui sont plus, ou moins, sympathisants de la cause arménienne.

François Bayrou, chef d'un parti qui a toujours soutenu les Arméniens, et qui avait été décisif dans l'adoption de la loi reconnaissant le génocide arménien en 2001, n'est pas favorable à la loi sur la pénalisation. Par contre, il considère qu'il n'aurait pas fallu ouvrir les négociations avec la Turquie tant qu'elle n'aurait pas reconnu le génocide.


Quand la Turquie aura reconnu le génocide arménien, mais également aura évolué sur les questions de Chypre et des Kurdes, on aura devant nous une nouvelle Turquie, plus proche des valeurs de l'Europe et à ce moment-là, on pourra revoir nos positions. Aujourd'hui, la Turquie a encore trop de progrès à faire. Est-ce qu'un Etat négationniste a une place dans l'UE?

Il faut faire comprendre aux Français pourquoi cette loi est légitime, et importante. Pourquoi les Français d'origine arménienne tiennent à ce combat. Qui sait ce qu'est réellement le négationnisme d'Etat*, les conséquences, la politique, l'importation de ce négationnisme en France (en Allemagne et en Belgique)?
Cette loi ne concerne pas uniquement les Arméniens, mais tous les Français, parce que c'est le système et les valeurs de la France qui entrent en jeu ici.


* >> Génocide arménien et négationnisme d'Etat