Comme je l'ai déjà dit ici, le film des frères Taviani a été présenté au festival de Berlin ce mois-ci, hors compéition.

Voici les premières critiques:

>> le critique de cinéma Malik berkati

extraits:

"Très attendu par les festivaliers, le film n’a pas réussi à convaincre la critique internationale et a quelque peu déçu la communauté arménienne".
- pour les uns, le film était trop conventionnel avec un rythme assez lent
- pour les autres, le film est décevant au regard de "l'esthétisation de l’histoire comme de l’Histoire", et de l'adaptation relativement éloignée du roman duquel les réalisateurs se sont inspirés

Mais le public a largement apprécié le film qui traite d'"un sujet dont tout le monde a entendu parler, mais dont très peu en dehors de la communauté arménienne ne connaît les réalités". Le film a une "approche grand public [qui] permet de sortir du cercle des initiés ou de celui de la diaspora arménienne et donne une opportunité d'éveiller l'intérêt pour cet épisode de l'histoire et pourquoi pas, à partir de là, de s'y intéresser à travers des témoignages plus pointus."


>> critiques de différents journaux (armenews)

Wolfgang Höbel et Alexander Smoltczyk du journal allemand « Spiegel »

 

Excellents acteurs - Les images poursuivront les spectateurs encore longtemps. Tout est insupportable. Il y a des dépositions de témoins, selon lesquel les soldats ont demandé à des mères arméniennes de tuer elle-même leur nouveau né mâle même si tout cela est arrivé, on ne veut pas l’écrire. Ne pas savoir. Ne pas voir.

 

Journal suisse « Nachrichten »

 

Hors concours de la Berlinale, Paolo et Vittorio Tavini ont projeté hier [mardi 20 février] leur nouveau film « Il était une fois en Arménie » . Le film a ébranlé le public.

 

Journal allemand « tagesspiegel »

 

Selon le journal beaucoup de spectateurs pendant les scènes les plus cruelles du film « se sont couverts la face, pendant que d’autres restaient avec les yeux plein d’incrédulités face aux images qui passaient. Au terme de la projection beaucoup sont restés assis comme hébétés ».

 

Radio allemande « Deutschlandradio »

 

Le film "la maison des alouettes" des frères italiens Paolo et Vittorio Taviani a impressionné apparemment le public spécialisé de la Berlinale. Il a été présenté à la veille de sa première mondiale à plusieurs centaines de correspondants. Beaucoup d’entre eux après la projection sont encore restés assis longtemps et calmement à leurs places.

 

Thomas Kunze - Agence de presse dpa

 

On pouvait entendre une épingle tomber. Beaucoup de spectateurs avaient leurs mains devant le visage. D’autres fixaient l’écran, les yeux écarquillés,- comme s’ils ne pouvaient croire à ce qu’ils voyaient là. Mais les images (...) reflètent la vérité historique. Les frères soulignent que la représentation du génocide des Arméniens est prouvée historiquement. La première mondiale est prévue pour mercredi soir.

 

Journal italien « La Stampa »

 

Les frères Taviani n’avaient jamais fait un film fort, sanglant et déchirant comme « la masseria de l’allodole ». Un jet de sang écarlate sur une porte blanche : c’est une prémonition. La tête du propriétaire, tranchée par un coup de sabre, tombe sur les genoux de sa femme. Un médecin châtré par une épée hurle de douleur. Un enfant caché sous une table est tirée dehors par un pied puis enfilé. Un amour impossible entre un officier turc et une fille arménienne. Femmes qui sont prises avec violence ou qui s’offrent pour de la nourriture. Une maman accouche d’un mâle, ils lui est accordé le droit de le tuer... « La ferme aux alouettes » est très intéressante, riche d’images merveilleuses. Le film est marqué par le style grandiose unique des Taviani, aggravé par la persécution des Arméniens et vers les assassinats de masse de nos jours.

Le journal « Sueddeutsche Zeitung »

 

Le journal souligne que le film des Taviani « ne va pas plaire à la Turquie et qu’il est prévisible qu’il y aura des protestations d’Ankara, et plus tard des nationalistes turcs, toujours prêts à organiser des campagnes, lorsqu’ils auront découvert l’existence de cet épique film ».

 

Le journal « Frankfurter Allgemeine Zeitung »

 

Pour ce journal le film fera « date au moins pour le fait d’avoir souligné une lacune du cinéma ». Le journal de Francfort explique que « dans les scènes des massacres le film reste austère et ne montre pas la soif de sang des Turcs comme un excès de sadisme mais comme un carnage rigide et presque solennel ».