Voilà deux points de vue dans Le Monde:

=> Jean-Philippe Feldman (professeur agrégé des facultés de droit): >>"Il faut abolir la loi Gayssot!"

"Dire que l'objet de cette loi fut de réprimer la contestation des crimes contre l'humanité n'est pas totalement exact. La loi ne réprime pas la contestation des crimes contre l'humanité, mais de certains crimes contre l'humanité. Adoptée sous la pression du Parti communiste, elle ne vise, avec une mémoire fort sélective, que les crimes nazis. Cette loi d'exception érige en infraction l'expression d'une idée jugée indésirable. En leur dictant la conduite à tenir, les autorités traitent les citoyens en mineurs, incapables de jugement personnel. Pourtant, le rôle des institutions est d'interdire à la majorité d'aller à l'encontre des droits des minorités, à commencer par la plus petite de toutes : l'individu."

Il critique la Loi Gayssot en 4 points:
- vérité officielle
- publicité aux négationnistes qui peuvent se prétendre victimes de la censure, "martyrs de la liberté d'expression"
- les juges se transforment en gardien de l'histoire officielle
- avec cette loi, on a ouvert la boîte de Pandore, et on confond droit et morale


=> Alain Policar (professeur agrégé de sciences solciales): >>"Trois bonnes lois et une mauvaise"

 

Pour lui, il n'y a pas de différence entre la loi Gayssot et la loi sur le génocide arménien (et la loi sur l'esclavage, crime contre l'humanité). Par contre celles-ci sont complètement différentes de la loi sur le "rôle positif" de la colonisation.

"En mars 2005, d'autres historiens avaient demandé l'abrogation de la loi du 23 février "parce qu'elle impose une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au coeur de la laïcité, parce que, en ne retenant que le "rôle positif" de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des crimes, sur des massacres allant parfois jusqu'au génocide, sur l'esclavage, sur le racisme hérité de ce passé". [...] Alors que la loi du 23 février se propose de juger la vérité scientifique ou de l'écrire, la loi Gayssot ne fait que la proclamer une fois établie. [...] Seule la loi du 23 février nous oblige à porter un jugement de valeur sur notre passé colonial et, donc, contraint l'historien à sortir de son rôle."

Il prend l'exemple du procès de David Irving contre Deborah Lipstadt (historienne américaine). Le tribunal a dû entendre plusieurs historiens pour prouver la réalité de la shoah et des chambres à gaz.

"Cette comparaison montre clairement que la loi Gayssot, en définissant précisément les thèses dont la diffusion constitue un délit, évite, au contraire, de dire l'histoire. En outre, grâce à elle, on ne trouve pas, en France, les livres négationnistes dans les étals des libraires. Qui pourrait s'en plaindre ?"

"Si l'on accepte ce raisonnement, on comprend mal pourquoi les Arméniens ne bénéficieraient pas d'une protection identique à celle permise par la loi Gayssot."

Il fait ensuite une distinction entre épuration éthnique et extermination ethnique.

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Après ces deux points de vue, voici maintenant les conneries:

>> Quand les journalistes français dérapent (armenews)

- Pour ces journalistes français, et attention pas n'importe lesquels (Paris-Match, Toc, et NouvelObs...) la loi n'a été votée que dans une intention purement électoraliste. Moi je me demande alors pourquoi, si c'est vraiment le cas, ils ont attendu 90 ans pour nous entendre... de plus, on n'est pas 5 millions mais 500000. Et enfin, il est logique que les députés qui ont dans leur circonscription une communauté arménienne importante tendent l'oreille, s'intéressent à la cause arménienne, non? ca marche comme ca pour tout pourtant.

- Ces journalistes sont contre la loi car les pauvres Turcs ne pourront plus dire qu'il n'y a pas eu génocide. Ces journalistes ne savent pas qu'il s'agit d'un négationnisme d'Etat? Les Turcs le disent parce que l'Etat le dit. Ces journalistes défendent l'expression du négationnisme et donc les négationnistes.

- Ces journalistes sont de mauvaises foi quand ils disent: "un historien ne pourra plus dire qu'il n'y a pas eu de génocide". Car cette loi ne touche pas les historiens. Si le travail est fait honnêtement, avec des preuves de ce qu'ils avancent, avec le respect des affirmations d'autres historiens, il n'y a pas de problème. Par cont-re il me semble que les journalistes doivent se ranger du côté de la loi qui reconnait officiellement le génocide.

- Ces historiens parlent sans connaître quand ils disent: "c'est moins dangereux d'être Arménien à Istanbul que Magrébin en Corse". et que "la france dit n'importe quoi" quand on prétend que les Arméniens de Turquie ont peur.
1° il parle d'Istanbul et non pas de la Turquie entière
2° c'est moins dangereux effectivement mais uniquement si tu te la fermes, ce que les Arméniens de Turquie font
3° ce n'est pas la France qui dit que les Arméniens de Turquie ont peur mais les Arméniens eux-mêmes. Alors si on ne croit plus les premiers intéressés, je ne sais pas qui il faut croire... je sais de source sûre (dans mon entourage) que les Arméniens de Turquie ont peur des représailles, se font tout petits et se comportent tout simplement comme des Turcs, ne parlent pas arménien et ne parlent pas de génocide. c'est sûr que de cette façon ils ne sont pas menacés.