Discours - Intervention de Patrick Devedjian
Assemblée Nationale  |  jeudi 18 mai 2006 >> CollectifVan.org

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"Je me suis résolu après bien des scrupules à soutenir les propositions tendant à conférer un caractère pénal au négationnisme du génocide arménien. Mes réticences venaient d'un profond attachement à la liberté d'expression. Mais surtout, le génocide arménien me parait d'une telle évidence et sa négation si déshonorante et dangereuse pour la paix civile, que les considérations pénales me paraissaient inutiles.

le génocide arménien est une évidence

Je n'ai pas besoin de l'expliquer à l'Assemblée nationale puisqu'elle a reconnu à l'unanimité cette évidence."

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"les faits parlent d'eux-mêmes.

Ils ne restent qu'environ 50.000 Arméniens en Turquie, dans ce pays qui est leur berceau, alors qu'en 1915, avant le génocide, on en dénombrait 2,5 millions. Les événements ont tous commencé le même jour, simultanément dans toute la Turquie : le 24 avril 1915. "

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"les historiens ont tranché la question depuis longtemps "

"Il est évident que la reconnaissance des deux génocides des deux guerres mondiales est destinée à suivre le même régime juridique.

Or ce n'est pas la liberté des historiens qui est en cause mais la paix civile en France. La négation de l'holocauste a la plupart du temps une vocation antisémite. Elle est destinée à l'alimenter.

De la même manière les manifestations négationnistes contre les monuments commémoratifs du génocide en France sont des ferments d'affrontement. Ces monuments sont la seule sépulture des victimes. Les souiller, les contester est vécu avec beaucoup d'indignation. A fortiori quand ces manifestations sont organisées de l'extérieur avec l'appui des autorités turques et que dans le même temps l'assassin Talaat demeure un héros national commémoré. "


Intervention de Patrick Devedjian sur Europe 1 sur le vote du 18 Mai.