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Lundi 24 avril, cela faisait 91 ans que le gouvernement turc avait commencé le massacre d’Arméniens de façon organisé dans un but d’extermination de la population arménienne vivant dans l’Empire ottoman.

91 ans plus tard, non seulement la Turquie ne reconnaît toujours pas ce génocide, pourtant reconnu officiellement par plusieurs Etats du monde (dont la France depuis une loi de 2001) mais en plus, elle entretient un négationnisme actif, qui se répand dans les pays où se trouve les communautés turques, comme l’ont montré récemment 3 événements : manifestation négationniste à Lyon, manifestation rendant hommage à Talaat Pacha (l’organisateur du génocide) à Berlin, et la profanation du mémorial du génocide à Lyon.

Cette année donc, la commémoration avait une revendication particulière : la sanction pénale du négationnisme du génocide arménien en France.

Le rendez-vous du rassemblement a eu lieu Place du Canada devant la statue de Komitas  (compositeur et martyr symbole du génocide arménien) inaugurée il y a 3 ans.

Après une prière devant la statue par les prêtres arméniens, les discours peuvent commencer. D’abord  SOS racisme et la LICRA. Ils ont insisté sur le fait que le génocide doit être enseigné à la jeune génération, dans les écoles.
Ensuite, les personnalités politiques se sont succédés.

- Philippe De Villiers, président du Mouvement pour la France, déjà présent, l’année dernière a été autant hué qu’applaudi. « Il n’est pas possible, il ne serait pas supportable que la Turquie entre dans l’Europe sans avoir reconnu le génocide arménien. »

- Hèlène Luc, sénatrice communiste, qui a contribué à l’adoption de la loi reconnaissant le génocide.

- François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, également présent pour les 90 ans. Il avait promis de présenter une proposition de loi pénalisant la négation du génocide. « La République française reconnaît le génocide arménien. Et il y a aujourd’hui des déclarations, des actes  qui nient, qui essayent de réviser l’histoire et notamment du génocide […] Il faut de nouveau que la loi intervienne. » Il a ajouté : « Soyez fiers du combat qui est le votre, soyez fiers parce que vous ne défendez pas une cause, la cause arménienne, vous défendez une cause universelle, celle des droits de l’être humain, celle de faire reconnaître chaque crime contre l’humanité comme imprescriptible. Vous défendez la liberté, l’égalité, la fraternité, et donc la République française. Soyez fiers d’être Arméniens, soyez fiers d’être des Républicains. »

- François Bayrou , président  de l’UDF, accompagné notamment d’André Santini, fidèle soutien des Arméniens, a dénoncé les actes négationnistes récents, et a également insister sur le fait que la cause arménienne est la cause de toute l’humanité : « La mémoire du génocide arménien, la défense contre tous ceux qui le mettent en cause, ça n’est pas l’affaire des Arméniens, et ça n’est même pas l’affaire des descendants des Arméniens, qui sont nos compatriotes et nos concitoyens en France. […] c’est l’affaire de tous les citoyens et c’est l’affaire de toute l’humanité. […]  Il ne faut pas laisser la défense de ce moment aux victimes, c’est précisément l’affaire de ceux qui ne furent pas victimes que de prendre la défense de la mémoire et de garantir que rien ne laissera effacer ce qui a été fait contre toute l’humanité, contre les Arméniens mais donc contre toute l’humanité et contre une certaine idée de ce que c’est qu’être homme, de ce que c’est qu’être civilisé et de ce que c’est que de faire l’histoire. »

- Patrick Farbias, représentant des Verts : «  Le négationnisme turc est un négationnisme d’Etat. C’est ce qui le différencie radicalement des autres négationnismes et des autres révisionnismes. »

- représentante du président du conseil régional d’Ile de France, Jean Paul Huchon, qui s’est félicité de la publication de brochures qui seront distribués aux lycéens afin de leur enseigner le génocide arménien, en attendant que le programme scolaire évolue sur ce point.

- Patrick devedjian, député-maire d’Antony et ancien ministre, venu en tant qu’Arménien était attendu par les manifestants. En parlant des victimes arméniennes, il déclare : « Si nous venons ici, c’est parce que c’est le seul moyen de leur rendre l’hommage des morts. C’est la seule sépulture que nous ayons pour nos 1500000 massacrés, exterminés. » Il continue : « Pour la première fois, une manifestation significative est venue dénier notre identité. Notre identité de Français d’origine arménienne. Des Turcs, de manière organisée, de manière préparée, à l’instigation d’un gouvernement étranger sont venus porté atteinte à ce que nous avons de plus précieux, de plus respectable : le culte de nos morts. Dans le même temps, d’autres Turcs, organisés aussi, et structurés sont venus rendre hommage à Talaat, l’assassin des Arménien, l’organisateur du génocide, en Allemagne, l’ancienne alliée, en honorant la mémoire de l’assassin. […] Est-ce que la paix que nous avons trouvé ici va nous êtres refusée par les enfants de nos anciens persécuteurs ? Est-ce que la négation du génocide qui n’est que la poursuite du génocide […] va nous pourchasser jusqu’ici ? […] Nous voulons que la France soit en paix et nous ne voulons pas que soient importés ici des affrontements communautaires que nous avons payés ailleurs de notre sang. Nous voulons la paix. » Il rappelle

Si l’affirmation du génocide arménien est interdite en Turquie, peut-être faut-il faire comprendre à la Turquie que la négation du génocide arménien est interdite en France.»

Il a également fait remarquer qu’il y a un « chemin pour l’espoir » en Turquie, qu’il y a des « justes Turcs » et qu’il faut leur rendre justice. Et rend un bel hommage à la France qui a accueilli les Arméniens.

D'autres personnalités ou communautés étaient présentes: présidents de l'Union Juif de France, les Assyro-Chaldéens (massacrés avec les Arméniens), et l'Institut kurde de Paris.

En résumé, tous ont déclaré que les Arméniens poursuivaient une juste cause qui est la leur mais également celle de l’humanité toute entière puisqu’elle est la lutte contre le négationnisme, et pour les droits de l’homme. Et donc que tous devaient prendre part à cette cause, condamner la négation du génocide arménien et les actes négationnistes, d’autant plus que ces actes se sont déroulés notamment sur le sol français.