Le 24 avril marque le début du génocide (=> jour de la commémoration): arrestation de 650 intellectuels et notables arméniens à Constantinople pendus sur les places publiques (photo 1) puis 2000 arrêtés, déportés et assassinés par la suite, ceci étant étendu partout dans l’Empire de la même manière.
Les soldats mis dans les bataillons de travail sont assassinés par petits groupes.

Les Jeunes-Turcs peuvent opérer la solution finale : la déportation de toutes les populations civiles arméniennes vers les déserts de Syrie, méthode nouvelle suggérée par les Allemands (présents en Turquie) en faisant croire que c’était des mesures de protection.
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La destination était Deir ez-Zor en Syrie, ou la mort, du pareil au même.
« Les convois de déportation étaient formés par des regroupements de 1 000 à 3 000 personnes. Très rapidement, on sépare des convois les hommes de plus de 15 ans qui seront assassinés à l’arme blanche par des équipes de tueurs dans des lieux prévus à l’avance. Parfois les convois sont massacrés sur place, à la sortie des villages ou des villes, notamment dans les provinces orientales isolées. Les autres, escortés de gendarmes, suivront la longue marche de la mort vers le désert, à travers des chemins arides ou des sentiers de montagne, privés d’eau et de nourriture, rapidement déshumanisés par les sévices, les assassinats, les viols et les rapts de femmes et d’enfants perpétrés par les Kurdes et les Tcherkesses. Les survivants, arrivés à Deir ez-Zor, seront parqués dans des camps de concentration dans le désert et seront exterminés, par petits groupes, par les tueurs de l’Organisation spéciale et les Tchétchènes spécialement recrutés pour cette besogne. Beaucoup seront attachés ensemble et brûlés vifs. » (Méthodes et tortures)

Bien sûr les Arméniens ont tenté de former une résistance : le plus bel exemple c’est les « Quarante jours du Moussa-Dagh » (qui a donné lieu à un roman de Franz Werfel) : « sur cette montagne de la côte méditerranéenne, une population de 5 000 personnes (principalement des femmes et des enfants), dont 600 combattants, résistèrent plus de 40 jours au siège de l’armée turque. Les survivants (environ 4 000 personnes) furent sauvés par le vaisseau français Jeanne d’Arc. »