25 février 2008
Cour Saint Grégoire l'Illuminateur au Vatican
Le 22 février 2008, le Pape Benoit XVI a inauguré la Cour Saint Grégoire l'Illuminateur au Vatican, le père de tous les Arméniens et de toutes les Eglises arméniennes.
"Chers frères et soeurs,
en inaugurant la Cour Saint Grégoire l'Illuminateur, nous prions afin que le peuple arménien, par l'intercession de son illustre et admirable fils, continue d'avancer sur les chemins de la foi en se laissant guider comme il l'a fait au cours des siècles par le Christ et par l'Evangile qui a marqué sa culture de façon indélébile. Saint Grégoire est appelé justement l'Illuminateur parce qu'en lui se reflétait de façon extraordinaire le visage du Sauveur. Le mot Illumination revêt aussi une autre signification dans l'acception arménienne: il indique la Lumière qui découle de la diffusion de la culture par l'enseignement.
Je saisis volontiers l'occasion d'aujourd'hui pour enlacer dans un amour fraternel l'Eglise arménienne comme la Nation arménienne et tous les Arméniens éparpillés dans le monde."
Saint Grégoire l'Illuminateur, né vers 260 en Arménie, apôtre venu de Césarée de Cappadoce, est le fondateur de toute une église. Selon la légende, il aurait vécu 13 ans dans un cachot à Khor Virap, enfermé avec des vipères et des scorpions par le Roi païen Tiridate. Une vieille dame lui apportait chaque jour de l'eau et du pain. Suite aux persécussions faites au Vierges arméniennes, le Roi fut atteint d'une grave maladie. Sa soeur a vu Grégoire en songe et a demandé au Roi de le libérer car lui seul pouvait le guérir. Le Roi, guéri, embrassa la foi chrétienne.
Les relations entre Rome et l'Eglise arménienne sont anciennes.
En 1883, un cardinal arménien demanda au pape Léon XIII, orientaliste, un Collège arménien afin de préparer des prêtres pour des missions arméniennes dans le monde. Aujourd'hui, le Collège compte 16 séminaristes venant du Liban, Syrie, Irak qui étudient la philosphie, la théologie, l'arménien, l'histoire et les rites arméniens. Tous se destinent à devenir prêtres.
Pi XI avait béatifié Komidas, premier martyr arménien, torturé par les Turcs pour avoir refusé de renier sa foi.
De même l'évêque Maloyan en 1916, béatifié par le Pape Jean-Paul II en 2001..
Sa Béatitude Nersès Bedros XIX, patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques, avait demandé de mettre une statue de Saint-Grégoire l'Illuminateur dans la Cour du Vatican. Le 18 janvier 2005, Jean-Paul II a béni la statue placée dans une niche extérieure de la Basilique Saint-Pierre.
En février 2008, Benoit XVI a donc inauguré la cour du Vatican appelé désormais "Cortile Grégorio San L'Illuminatore" devant une assistance de 100 personnes parmi lesquelles S.B. Nersès Bedros XIX, Monseigneur Norvan Zakarian (Primat de l'Eglise apostolique arménienne de France), Aren Shahinian (Eglise apostolique arménienne de Milan), et plusieurs ambassadeurs.
"Saint Grégoire l'Illumlinateur baptisa le Roi d'Arménie Tiridate III... et peu après, le peuple arménien tout entier embrassa la foi chrétienne et reçut le baptême."
(20 mai 301, pape Marcellin)

>> Benoit XVI consacre la grande Cour de Saint-Pierre à Saint Grégoire l'Illuminateur (Armenews)
>> Une cour du Vatican dédié à Saint Grégoire l'Illuminateur (catholique.org)
06 janvier 2007
Noël arménien: pourquoi le 6 Janvier ?
>> Note sur la christianisation de l'Arménie
En résumé, les Arméniens sont des chrétiens apostoliques c'est-à-dire qui respectent la forme originelle du christianisme, apportée par les apôtres Thadée, Simon et Barthélémy, au 1er et 2 siècle.
Au 4e siècle, Grégoire l'Illuminateur réussi à convertir le Roi Tiridate au christianisme.
L'Arménie est ainsi le premier Etat au monde à avoir adopté officiellement le christianisme (en l'an 301).
Avec l'affaiblissement de l'Empire romain, le royaume de la Grande Arménie est divisée en 2 royaumes: la Persarménie (domination perse, zoroastrisme) et l'Arménie occidentale (province byzantine).
Les Arméniens refusent de se soumettre à la religion de l'Empire sassanide (Bataille d'Avaraïr, en 451).
Du côté de Rome, l'Eglise débat de la nature du Christ et adopte la doctrine du concile de Chalcédoine qui considère que le Christ est de 2 natures: humaine et divine, réunies en une seule personne. L'Eglise arménienne condamne et rejette cette position doctrinale, ce qui aboutit à une rupture définitive avec l'Eglise de Rome. Les Arméniens se dotent d'un chef spirituel appelé le Catholicos, qui siège à Etchmiadzine.
Les Arméniens ont donc gardé la date initiale de la naissance de Jésus Chist pour fêter Noël.
En effet, personne ne sait quand exactement Jésus est né. On dit qu'il serait né en -4 avant... lui-même. On ne connait pas non plus le jour exact. A l'origine, la nativité était fêtée le 6 janvier. Mais pour combattre les fêtes païennes (rites romains, germaniques et celtiques), le Pape fixe la naissance de Jésus le jour du solstice d'hiver (une erreur de calcul a fixé ce jour le 25 décembre puisqu'il a lieu en réalité le 21).
Mais l'Eglise arménienne a gardé la date du 6 janvier. Les Arméniens fêtent donc le même jour la Nativité et l'Epiphanie. Les Rois mages arrivent le 6 janvier pour apporter des cadeaux à l'enfant Jésus le jour-même de sa naissance.
Les Nouvelles de Versailles en ont fait un article, dans un rubrique consacré à la tradition de Noël selon les différentes cultures et communautés (cliquez pour agrandir).
Շնորհավոր Ամանոր և Սուրբ Ծնունդ
Chenoravor nor dari yev sourp dzenount
Joyeux Noël et bonne année
sourp dzenount = sainte Nativité
14 juin 2006
Mariage arménien
Il est célébré par un prêtre ou un évêque (occasions solenelles)
Déroulement:
- entrée dans l'Eglise: l'homme accompagné de sa mère puis la femme accompagnée de son père
- les futurs se tiennent debout à l'entrée du choeur
- les futurs font face à l'autel : la femme est à la droite de l'homme. Le parrain* (ou le principal témoin) se place derrière l'homme à sa gauche en tenant de sa main droite la croix (photo 1). La femme remet son bouquet de fleurs si elle en a un à sa marraine qui se trouve derrière elle et à sa droite. Le prêtre officiant sort à ce moment de la sacristie, avance devant l'autel face à l'assistance, qui se lève dès que le prêtre entame le chant rituel.
- Iere PARTIE : ENGAGEMENT ET UNION DES MAINS
- le prêtre passe la bague à l'annulaire de la main gauche du fiancé (photo 2)
- Le prêtre interroge d'abord le fiancé: Mon enfant ... (prénom) êtes-vous le maître jusqu'à la mort? Et le fiancé répond: Oui mon père, je suis le maître par l'ordre de Dieu. Ensuite le prêtre interroge la fiancée: Mon enfant ... (prénom) êtes-vous soumise jusqu'à la mort ? Et la fiancée répond: Oui mon père, je suis soumise par l'ordre de Dieu. Et le prêtre dit : Témoin de cette parole est Dieu, présent de manière invisible au-dessus de ce saint autel. Aussi, nos anges gardiens, cette sainte église, cette sainte Croix et ce saint Evangile, l'ordre des prêtres et le peuple présent, voulez-vous que tous ceux-ci soient témoins? Et ils disent : Oui mon père, qu'ils soient témoins. Et le prêtre dit : Que Dieu soit au milieu d'eux et qu'ils ne soient pas ébranlés. Que Dieu leur vienne en aide de jour en jour.
- Le prêtre ceint leurs têtes de deux bandelettes, les réunit alors en les approchant l'une vers l'autre, joint leurs mains droites, les dresse face à face et réitère son exhortation à la fidélité. (photo 3)
- Les mariés se retournent alors vers le saint autel
- IIe PARTIE : LA BENEDICTION DU MARIAGE
- IIIe PARTIE : L'ENLEVEMENT DES COURONNES
- Le prêtre réunit les mains et les têtes des mariés
- Le prêtre enlève les bandeaux et les mariés se retournent vers le saint autel
- Ensuite, le prêtre prend dans sa main une coupe de vin.
- le prêtre offre le vin aux mariés et au parrain
- Ensuite le prêtre bénit les fidèles
* parrain: le témoin est appelé parrain car en théorie il sera le parrain du 1er enfant.
12 juin 2006
Eglise apostolique arménienne
[si vous voyez des erreurs, des confusions, n'hésitez pas à le dire, moi-même je m'y perds!]
L'Eglise arménienne fait partie de l'Eglise chrétienne. Il y a principalement 3 sortes d'Eglise chrétiennes:
- catholique
- protestante
- orthodoxe, mais "orthodoxe" dans le sens suivant: les Eglises restées fidèles à l'Eglise indivise des premiers siècles, héritées des Pères de l'Eglise.
Parmi les Eglises orthodoxes, il existe 5 Eglises:
- Eglise orthodoxe proprement dite (héritière de l'Eglise bizantine): Russes, Grecs, Roumains, Bulgares...
- Eglise apostolique arménienne (et pas "Eglise orthodoxe arménienne")
- Eglise orthodoxe copte (Egypte)
- Eglise orthodoxe éthiopienne
- Eglises syriaques (jacobites): Araméens...
Parmi les Eglises orthodoxes:
- Eglise orthodoxe (russe etc): chalcédonienne (dualité de la nature du Christ)
- les autres Eglises de tradition orthodoxe: non-chalcédonienne = appelées parfois "orthodoxes orientales"
Parmi les Eglises de tradition orthodoxe non-chalcédonienne:
- Eglise d'Orient "nestorienne" (une des Eglises syriaques) : de christologie antiochienne
- les trois autres dont l'Eglise arménienne : de christologie alexandrine (le Chist est Un)
Parmi les 3 Eglises de christologie alexandrine:
- les Eglises copte et éthiopienne : nettement monophysite
- Eglise arménienne qui s'en tient à la christologie du concile oecuménique d'Ephèse sans prolongement proprement monophysite.
MAIS
il existe 3 Eglises arméniennes:
- apostolique => celle de tradition orthodoxe dont je viens de parler
- catholique
- évangelique (protestante)
L'Eglise apostolique arménienne reconnait les 3 premiers conciles mais rejette le quatrième Concile (de Chalcédoine en 451): http://www.netarmenie.com/religion/eglise/conciles.php qui donne au Christ 2 natures (divine et terrestre)
- Nicée en 325
- Constantinople en 381
- Ephèse en 431
=> un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ; et Marie, Théotokos, c'est-à-dire Mère de Dieu.
Concile de Chalcédoine en 451: il condamne le monophysisme
"En lisant le texte, les Arméniens ont pensé que Chalcédoine coupait littéralement le Christ en deux."
Elle rejette donc ce quatrième concile mais "cela ne signifie nullement que l'Eglise arménienne ait succombé au monophysisme. En particulier, cela ne signifie pas que, du fait de l'Incarnation, le Fils ait cessé d'être Dieu, ou que son humanité en ait été moins parfaite."
"Elle est une Eglise crucifiée qui vit dans l'espérance de la Résurrection."
06 janvier 2006
Joyeux Noël! Shenorhavor Nor Dari yev Sourp Tzenound !!!
Au départ, les Eglises chrétiennes
fêtaient toutes Noël (naissance de Jésus), le 6 janvier (Epiphanie).
Mais l'Eglise catholique a voulu abolir la fête païenne du soleil
qui était le 25 décembre en la remplaçant par la fête de Noël. Les
deux fêtes ont été séparées, mais l'Eglise arménienne a continué
de fêter la naissance de Jésus et l'Epiphanie le même jour.
Les Rois mages arrivent ainsi le jour de sa
naissance.
>>La Fête de Noël chez les Arméniens de la Diaspora (également d'autres traditions de Noël)
20 octobre 2005
La christianisation de l'Arménie et le débat christologique
(Annie et JP Mahé, L’Arménie à l’épreuves des siècles, découverte Gallimard Histoire)
Au début du IVe siècle, l’Arménie devient le premier Etat chrétien du monde. Les Perses sassanides ne pardonnent pas leurs voisins occidentaux de partager lafoi de leurs ennemis romains. Bientôt le pays est divisé, la monarchie estabolie, les chrétiens sont persécutés. Grâce à leur écriture nationale, crée en405, les Arméniens trouvent la force de sauver leur culture.
Selon la légende, la christianisation de l’Arménie s’est fait en 2 étapes : Thaddée, Simon et Barthélemy à l’âge apostolique (1er et 2es), et Grégoire l’Illuminateur sous Constantin (4es).
La 2e époque est plus intéressante. Dioclétien, persécuteur des Chrétiens, installe Tiridate sur le trône. Le roi tombe amoureux de Hripsimé, une des quarante religieuses cachées en Arménie. Comme elle lui résiste, il massacre toute la communauté.
La légende raconte que, en punition de ce crime, le roi est transformé en sanglier et ne retrouve l’apparence humaine qu’en se convertissant au christianisme. Selon les sources historiques, Grégoire l’Illuminateur, prédicateur d’origine parthe venu de Cappadoce, tente de démontrer à Tiridate l’inanité du culte des idoles. Il est alors emprisonné. Mais le roi, impressionné par son opiniâtreté, libère le saint et le laisse prêcher le christianisme. Plus tard il le baptise ainsi que sa cour, son armée et ses sujets.
Tiridate détruit les temples païens et transfère leurs biens aux églises. L’Arménie devient ainsi le premier Etat officiellement chrétien. Le pouvoir n’est plus tenu au nom de César, mais de Dieu tout puissant. Mais Tiridate ne change rien aux coutumes du royaume.
Au combat contre les païens, s’ajoute l’hérésie. De l’avènement de Constance II (337) à celui de Théodose Ier (379), les successeurs de Constantin réhabilitent la doctrine, pourtant condamnée au concile de Nicée, qui enseigne que le Christ n’est pas d’essence divine, mais simplement semblable à Dieu. Les chefs de l’Eglise arménienne refuse ce blasphème, mas les rois arsacides, fidèles serviteurs des empereurs, sont contraints de s’y soumettre. Il en résulte de graves conflits entre les monarques et la hiérarchie religieuse.
Mais l’affaiblissement graduel de l’Empire romain devant les Perses sassanides place bientôt les chrétiens d’Arménie dans une situation périlleuse : l’Arménie est divisée en deux royaumes distincts, du côté oriental, la persarménie, sous domination perse (Bharâm V, 421-438), où le zoroastrisme, offensif et intolérant, est définitivement adopté. Du côté occidental, l’Arménie devient une province byzantine.
En 405, l’alphabet arménien est créé par Machtots, ce qui a permis de traduire la Bible en arménien alors que jusque là elle était transmise par oral. Les « saints traducteurs » continuent leur œuvre après la mort de Machtots et permettent l’éclosion d’une riche littérature originale.
Les chrétiens arméniens sont persécutés par le roi Barhâm.
La bataille d’Avaraïr a alors lieu en 451, avec à sa tête le général en chef Vardan Mamikonian. Les Arméniens devaient défendre leur foi, c'est la première bataille reconnue comme combat pour la liberté de conscience.
Au moment même où les Arméniens refusent, au prix de leur sang, d’adopter la religion de l’Empire sassanide, d’autres pressions confessionnelles s’annoncent du côté de l’Empire byzantin, où l’ont débat âprement sur la personne et la nature du Christ. Comment le Christ a-t-il été Dieu et Homme à la fois ? A-t-il simplement revêtu l’humanité pour recouvrir temporairement sa nature divine ? Telle est la position que l’ont prête à l’impie Nestorius, condamné en 431, au concile d’Ephèse, où l’ont proclame « l’unique nature du Verbe incarné ». Mais si le Christ n’a qu’une seule nature, n’est-il pas, en fait, uniquement Dieu, et homme en apparence seulement ? Pour conjurer cette erreur, que l’on nomme monophysisme, le concile de Chalcédoine en 451, n’hésite pas à corriger la formule d’Ephèse en déclarant que le Christ a deux natures, humaine et divine, réunies en une seule personne.
En 536, l’empereur Justinien tente d’imposer autoritairement, la doctrine de Chalcédoine, condamnée par Arméniens en 553. Les religieux arméniens sont expulsés de Terre sainte. Considérant l’Eglise arménienne comme le seul siège de la
chrétienté authentique, son chef spirituel revendique, à partir de 506, le titre de Catholicos, c'est-à-dire de chef suprême d’une Eglise nationale indépendante. C'est la rupture avec les Byzantins, et l'Eglise de Rome.
Vient alors la période de l’Arménie arabe, où les Arméniens, ayant signé un accord de protection avec les Arabes, conservent leur autonomie politique et religieuse, contre un tribut au calife et contre l’obligation d’envoyer des contingents de cavalerie, et retrouvent l’unité de leur territoire. Puis les invasions, après 150 ans de prospérité, à partir du 9e siècle, des Seldjoukides, Mongols et Turcomans.
***
En gros, pour ceux qui ont pas tout compris ou qui ont eu la flemme:
1/ l'Arménie est le 1er Etat a avoir déclaré officiellement le christianisme comme religion d'Etat
2/ les Arméniens ont leur propre Eglise. Chrétienne de culte arménien. on l'appelle tout simplement Eglise arménienne ou Eglise apostolique arménienne. Elle est en communion avec les autres Eglises non chalcédoniennes (du concile de Chalcédoine) comme l'Eglise copte par exemple.
Bien sûr il y a des Arméniens catholiques ou protestants. Mais dans ce cas il s'agit de l'Eglise catholique ou protestante comme n'importe quelle autre (sauf que ca parle en arménien).
3/ pour l'Eglise arménienne, le Christ est uniquement de nature divine. cad qu'il est Dieu. Il n'a pas une double nature comme pour Rome. du coup le pape n'a aucune autorité religieuse religieuse pour les Arméniens. Mais ils ont le catholicos (à pas confondre avec catholique... oui je sais, c compliqué)
liens dans mes favoris: eglise-armeniennearticles: présentation et CDCA
03 février 2005
Vartanants : la bataille d'Avaraïr
On fête une défaite
aujourd’hui. Vartanants, c’est une défaite,
mais une victoire!
Le royaume de la Grande Arménie en
387 tombe sous la domination
perse. La politique perse se durcit contre les
Arméniens, par crainte d’une alliance avec des Perses
archénemes. Le roi Yazdegird veut alors convertir l’Arménie au zoroastrisme.
La réponse à l’Edit du
Grand Vizir
Mihr-Nerseh était
celle-ci :
"Par cette croyance
(christianisme), personne ne peut nous faire changer, ni le feu, ni
les épées, ni l'eau, ni tout autre horrible torture. Tous nos biens,
toutes nos possessions sont entre vos mains. Nos corps vous
appartiennent, disposez-en comme vous souhaitez. Si vous nous
laissez notre croyance, nous vous resterons fidèles, ne
recherchant aucun autre seigneur sur Terre, et dans les cieux
aucun autre dieu en place de Jésus Christ. Car il n'existe nul
autre dieu que lui."
L’Arménie ayant été dominée par d’autres peuples et donc d’autres religions a toujours eu affaire aux tentatives de conversions forcée. Mais personne n’a su, n’a pu. Le peuple arménien a la foi, depuis l’an 301, l’Arménie est le premier Etat à avoir adopté le christianisme.
Vartan Mamikonian, fils du général (Sparapet) Hamazasp Mamikonian et de Sahakanush, la fille du Catholicos Sahak Bartev, un descendant de Grégoire l'Illuminateur, était considéré comme un maître de guerre au sein de l’armée perse. Le peuple arménien se tourne alors vers lui pour lutter contre l’empire perse. L’armée perse comptait 300 000 hommes, l’armée arménienne 66 000… Vartan exhorta ses troupes, rappelant l'héroïque et victorieux combat des Juifs contre le tyran perse Séleucide Anthiochus IV (175-164 avant J.C.) pour défendre leur foi.
451, c’est la bataille d’Avarair. Evidemment les Arméniens succombent. Le sacrifice de Vartan Mamikonian et de la plupart des princes Arméniens qui périrent avec lui convainquit les Perses que cette conversion forcée était impossible.
Mais Vahan Mamikonian, neveu de Vartan, rallia les troupes et mena une guerilla qui dura 33 ans. Les pertes perses furent lourdes malgré tout. Le nouveau roi accepta la proposition de Vahan et en 484, un traité fut signéà Nuwarsak. Vahan fut nommé marzban d'Arménie (gouverneur général). L'Arménie recouvrit son autonomie et sa liberté. Vahan régna pendant 20 ans (485-505).
>> Nous sommes nos montagnes (beau texte sur un forum)
Vartan Mamikonian
Réponse perse:
"Au nom du Dieu Soleil, si demain matin au lever du
soleil ces Nobles ne fléchissent pas le genou devant lui, le reconnaissant comme Dieu, ils seront emprisonnés et enchaînés,
leurs femmes et leurs enfants exilés dans de lointaines contrées.
Les troupes impériales accompagnées de hordes d'éléphants
déferleront sur l'Arménie et raseront leurs églises".
10 juillet 2004
Baptême arménien

Le Baptème et la confirmation ont lieu le même jour.
Ce sacrement se confère dans l'Eglise sur les fonds baptismaux, situés du côté du nord. L'enfant est immergé complétement et à l'horizontale.
Traditionellement, on baptise les enfants huit jours après leur naissance. L'enfant doit être vêtu de blanc et avoir un parrain.
Tout de suite après le baptême, la confirmation par le Saint Chrême et la Sainte Communion est immédiatement donnée par le Prêtre qui baptise. Cela consiste à effleurer les lèvres de l'enfant par l'eucharistie.
Il n'y a pas de confirmation ou de première communion ultérieure administrée par l'Évêque.
09 juillet 2004
L'âme unificatrice des Arméniens

Histoire: Caractéristiques de la religion: L'âme du peuple: Les
Arméniens ont tjrs défendu leur foi face à ceux qui voulaient pendant des
siècles les convertir. La religion arménienne (ou plutot le "culte"
pour être exacte puisque la religion est le christianisme) fait l'unité
des Arméniens. Aujourd'hui, les églises ancestrales arméniennes situées en Turquie ont été
fermées, saccagées et détruites. Des groupes bénévoles de jeunes y vont
pour les restaurer. Comme d'ailleurs les écoles et les
hopitaux. Lors
des manifestations du 24 avril, pour la commémoration du génocide, les
Arméniens vont faire un tour à l'église pour écouter les chants et se
recueillir (et pour rencontrer des vieilles connaissance aussi, tt
le monde se retrouve là^^). et même les athées! parce que l'Eglise
arménienne n'est pas seulement une religion, mais c'est une culture qui
rassemble les Arméniens. Les
églises (en France), et même la cathédrale à Paris, sont tellement
petites qu'il y a plus de monde à l'extérieur qu'à l'intérieur, mais c'est
vivant, c'est spitituel, c'est chaleureux. Familier, intime. L'Eglise arménienne a une âme. Elle est la
"foi national" et diasporique des Arméniens. Mère des Arméniens, c'est un peu comme Ararat.
Plus de 94% de la population arménienne appartient à l'Eglise
Apostolique Arménienne, une Eglise indépendante des autres Eglises
chrétiennes. A sa tête le "Catholicos de tous les Arméniens", qui réside à Etchmiadzine le saint siège.
Vers le milieu du 1er siècle, 2 apôtres de Jésus (Saint Thaddeus et
Saint Barthélémy) introduisent le Christianisme en Arménie. Malgré les persécutions, le Christianisme est déclarée
religion d'Etat en 301. L'Arménie est ainsi la 1e nation à
avoir adopté le Christianisme.
Cette adoption est en grande partie dûe à Saint Grégoire l'Illuminateur.
En 451, lors de la bataille d'Avaraïr contre la Perse Sassanide, les
Arméniens devaient défendre leur foi, ce qui en fit la première
bataille que l'Histoire a reconnu comme combat pour la liberté de
conscience.

NetArménie
Etchmiadzine (note)
14 juin 2004
Etchmiadzine
Etchmiadzine a été fondé par le Roi Vagarshak (117-140) sur les ruines de Vardkesavan, une cité des IIIème et IIème siècle avant JC. Cette cité fortifiée est devenue un temps la capitale de l'Arménie. Dés 301, Vagarshapat devient le centre religieux du pays après que le Christianisme ait été proclamé comme religion d'état, en abritant le siège du patriarche suprême de l'Eglise Arménienne. Une cathédrale y fut construite et porta le nom d'Etchmiadzine qui signifie " Descente du Fils unique " en référence à la vision de St. Grégoire l'Illuminateur auquel un être terrifiant serait apparu pour lui indiquer l'emplacement de la cathédrale : " Et sur les croix de ces quatre colonnes, s'unirent des arcs étonnants. Et sur cela je vis un édifice fait de nuages en forme de baldaquin à coupole, étonnante création divine " (cité par l'historien arménien Agathange) .
La cité a été régulièrement
détruite lors des invasions successives, notamment dans les
années 364-369 par les troupes persanes. En 364, la cathédrale
est totalement détruite et sur ses fondations, les perses élèvent
un temple païen. Mais elle est totalement reconstruite par Vartan
Mamikonian entre 484 et 485. Il ne reste cependant rien,
architecturalement parlant, de la cathédrale primitive.
La
cathédrale a connu de multiples rénovations depuis. L'aspect
actuel doit essentiellement aux travaux effectués au XVIIème
siècle.
[Source: NetArménie]
