31 mars 2007
Inauguration d'une église arménienne ou le cynisme turc

La Turquie a fait un geste, dit-on: en été 2006, elle a restauré une église arménienne, l'église Saint-Croix d'Aghtamar, vieille d'environ 1090 ans, trésor de l'architecture arménienne.
Ca, c'est la face visible, car:
- la Turquie a rebaptisé l'église en "Akdamar" ("veine blanche" en Turc) pour lui donner une consonnance plus turque
- ce n'est plus une église mais un musée ("Musée monumental de l’église d’Akdamar"), on lui a donc ôté sa croix.
- dans les brochures de tourisme, cette église est présentée comme un monument de l'art musulman turc (bien qu'à l'époque de l'édification de cette église, au Xe siècle, les Turcs étaient encore dans les steppes d'Asie centrale)
- aucune référence au mot "arménien" dans les messages adressés aux capitales sur cette inauguration
- d'autres témoignages de l'art chrétien arménien ont disparu dans le même temps dans la région de Van (notamment les khatchkars, croix en pierres sculptées)
Ajouté à cela, la Turquie a invité les communautés arméniennes des Etats-unis et d'Europe, ainsi que les dignitaires religieux à participer à l'inauguration de cette église le 24 avril, jour de la commémoration du génocide arménien (que la Turquie ne reconnait toujours pas), ce qui a provoqué de vives réactions: le gouvernement a donc déplacé le jour de l'inauguration au 29 mars. La frontière arméno-turque n'a pas été ouverte pour l'occasion, afin de faciliter le voyage des Arméniens d'Arménie.
Le Catholicos Karekin II a refusé de s'y rendre en raison de la transformation de l'église en musée.
De plus, la cérémonie n'était évidemment pas religieuse: des drapeaux turcs flottaient autour de l'église, et un portrait géant de Mustaka Kemal était placardé à l'entrée.
La Turquie tente par cette rénovation de se faire bien voir, surtout vis-à-vis des Etats-Unis qui s'apprêtent à discuter de la reconnaissance du génocide arménien, mais ce n'est qu'hypocrisie, une fois de plus.
Liens CollectifVAN:
>> Déclaration douloureuse et provocatrice de l'identité nationale turque
>> Inauguration: la vidéo de CNN-Türk
>> L'Arménie met en garde la communauté internationale
>> Photos de la cérémonie
>> Festival d'hypocrisie
>> La Turquie utilise la cérémonie inaugurale de l'église d'Aghtamar
11 mars 2007
Musique n° 10 : Element Band
Elemant Band est un groupe de musique folk arménienne de Los Angeles, composé de 5 membres: Ara Dabandjian (clavier, guitare, accordéon), Saro Koujakian (voix et guitare), Gars Sherbetdjian (voix), Shant Mahserejian (violon), and Jeremy Millado (basse).
Leur musique est imprégnée des sons traditionnels arméniens et méditerranéens tout en y apportant une touche de modernité et d'exotisme. Leur album sorti en 2006 s'intitule: Yev o Phe.
>> elementband.com (site officiel)
Extrait vidéo: live de "Anoush Hayrenik" ("Douce patrie")
A rapprocher avec le groupe Lavach'
15 janvier 2007
Tour d'horizon à Erevan
Tu n'as (encore) rien vu à Erevan
[ 12/01/07 ]
L'année de l'Arménie en France incite à découvrir sa singulière capitale et ses monastères.
Tu verras, les Turcs nous le rendront un jour, parce qu'ils savent que cette montagne, c'est notre rêve. » La
petite phrase du vieux chauffeur d'Ariane Ascaride dans « Voyage en
Arménie », le film de Robert Guédiguian, une des meilleures
introductions à Erevan, illustre bien la prégnance du mont Ararat dans
la vie quotidienne des Arméniens. Qu'on en devine, ou pas, le cône
neigeux, seulement visible par temps clair, l'ombre du mont biblique où
Noé aurait échoué avec son arche selon la légende, plane toujours sur
Erevan. Il est omniprésent. Dans la mémoire, dans l'imaginaire et dans
le coeur de tous les Hays, comme s'appellent entre eux les descendants
du petits-fils de Noé, Hayk, le père fondateur mythique du premier Etat
chrétien. Même s'il est désormais séparé de la ville par la frontière
turque, à quelques dizaines de kilomètres seulement, depuis 1921, le
mont Ararat domine toujours la capitale arménienne du haut de ses 5.165
mètres. Comme une promesse de renaissance pour la plus petite
république de l'ex-URSS, qui a pris son indépendance en 1991, après un
demi-siècle de domination soviétique.
En arrivant à Erevan, ville dévastée, labourée, exténuée par le rouleau compresseur soviétique, avec ses kilomètres d'usines désaffectées et ses chantiers chaotiques, on a toutefois l'impression d'entrer au coeur d'un vieux pays pétri d'histoire. [...]
Le plus
frappant, lorsqu'on déambule sur les trottoirs de la rue Abovian ou de
l'avenue Toumanian, c'est le contraste entre cette ville déglinguée,
ses chantiers à ciel ouvert, ses grands bâtiments délabrés, l'immensité
du défi à relever et... la bonne humeur, la légèreté apparente des
jeunes générations. [...]
La « Descente du fils unique »
A Erevan, il est difficile de se perdre. Toutes les grandes avenues convergent vers la fameuse place de la République de 14.000 m2, où le grand Lénine de bronze a été déboulonné. Centre du pouvoir et centre des arts, où le grand hôtel Armenia, le plus beau de la ville, qui a longtemps accueilli des générations de dignitaires soviétiques, a été prosaïquement rebaptisé de son nom de chaîne, Marriott. Le soir venu, il ne faut pas manquer d'y prendre un thé ou une infusion pour en apprécier le charme suranné digne des premiers James Bond. Ce jour-là, nous mettons le cap à l'ouest, en direction de la petite ville d'Etchmiadzine, littéralement « Descente du fils unique », le « Saint-Siège arménien » où a été construit le plus ancien édifice chrétien.
On longe d'abord la distillerie Ararat, la gigantesque usine de cognac d'Erevan rachetée par Pernod Ricard en 1999. [...] Passée l'imposante statue de l'amiral Isakov, qui veille sur l'ambassade américaine, à 25 kilomètres à vol d'oiseau des bases de l'Otan installées sur les flancs du mont Ararat, on traverse le « Las Vegas » arménien, un long défilé de casinos où viennent volontiers s'encanailler les Iraniens, interdits de jeux dans leur pays. Et puis, soudain, presque sans transition, c'est le miracle du sanctuaire d'Etchmiadzine, centre de pèlerinage des Arméniens du monde entier où bat le coeur de l'Eglise apostolique arménienne depuis le IVe siècle. La sobre pureté de cet édifice de pierres ocres tranche avec la richesse de ses fresques intérieures réalisées dans le style persan. C'est là que réside le Catholicos, Karékine II, le « patriarche suprême » élu en 1999, et ses quelque 250 séminaristes.
[...] Il y a quelques gardiennes de monastères en Arménie, mais pas de religieuses cisterciennes. Car le pays fut longtemps entouré de peuples polygames : les Turcs, les Mongols... En revanche, les membres du clergé arménien ne font pas voeu de chasteté. [...]
[...] « L'Eglise, c'est la couleur de la peau du peuple arménien. » Pendant
près de six siècles, c'est elle qui a préservé l'« arménité » lorsqu'il
n'y avait plus d'Etat. Financée à 80 % par la diaspora du monde entier,
- on estime à 1,25 million le nombre des Arméniens aux Etats-Unis,
900.000 dans l'ex-URSS et 400.000 en France -, c'est elle qui a
longtemps pris en charge les hôpitaux, les orphelinats, les maisons de
retraite... La cathédrale d'Etchmiadzine abrite de nombreuses reliques
léguées par les Byzantins et l'une des deux lances qui auraient percé
le corps du Christ. L'autre se trouve à Chypre. Les Italiens ont aussi
offert un reliquaire qui contient « l'empreinte du pied de la mère de Dieu, seule icône de l'Eglise arménienne ».
La tournée des monastères
[...] Le petit monastère de Khor Virap, véritable balcon sur le mont Ararat, presque à portée de main. En grimpant sur ses remparts dorés par le soleil, on peut y scruter les glaciers où les pilotes de l'armée russe avaient, assure-t-on, entrevu la carcasse de l'Arche de Noé dans une crevasse. [...] Il n'y a plus de moines depuis l'époque soviétique. Mais en empruntant une échelle de fer, on peut encore y visiter la profonde fosse où Grégoire l'Illuminateur, un prédicateur d'origine parte, moitié juif, moitié arménien, venu de Cappadoce, fut emprisonné pendant treize ans, avant de convertir le roi Tiridate III au christianisme, en l'an 301, faisant ainsi de l'Arménie le premier Etat chrétien du monde.
Dans la
même veine, l'un des sites les plus impressionnants des environs
d'Erevan est le monastère de Geghard, à 30 kilomètres de la ville. [...] Il faut
voir surgir, au coucher du soleil, ce haut lieu de l'art rupestre,
niché, à 1.600 mètres d'altitude, dans un pli du relief. Avec ses
chapelles troglodytes, directement creusées dans le basalte, et son
église souterraine entièrement sculptée, le monastère offre un ensemble
bigarré d'ornements mongols et arabes. [...]
Un livre de 28 kilos
Il
n'y a pas que les monastères des environs d'Erevan à mériter le voyage.
On sait peu que la Galerie nationale de peinture d'Erevan, place de la
République, constitue le troisième musée de l'ex-URSS, par rang
d'importance, après l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et le musée
Pouchkine de Moscou. On y trouve des Chagall et des Kandinsky rares, et
même des Courbet ou des Fragonard... [...]
Erevan regorge d'autres trésors culturels
insoupçonnés, au premier rang desquels le fameux musée du Matenadaran,
sanctuaire du livre et de la mémoire, qui abrite près de 17.000
manuscrits dans ses réserves, - dont le plus grand au monde (28 kilos)
et le « plus petit » (19 grammes) -, ou encore l'étonnante maison-musée
du cinéaste Sergueï Paradjanov, le « Pasolini géorgien », d'origine
arménienne, auteur des « Chevaux de feu »...
Certains membres de
la diaspora ont jugé sévèrement le « Voyage en Arménie », le film de
Robert Guédiguian. Trop noir, trop cynique, le regard du fils de docker
marseillais, qui a grandi à l'Estaque, ferait la part trop belle à la
mafia locale, aux 4 × 4 vrombissants, aux assassinats en pleine rue. De
fait, à première vue, les rues d'Erevan ne ressemblent guère au
Far-West ou même à celles de la Moscou turbulente des années Poutine.
Mais de l'aveu même des diplomates en poste, le film n'est pas si
éloigné de la réalité. Et il ne faudrait pas occulter la corruption et
son corollaire de violence souterraine inévitable dans un pays où le
revenu mensuel par tête demeure encore inférieur à 80 dollars.
« Vous et votre pays de merde ! »,
s'emporte la fille de Barsam à la fin du « Voyage en Arménie » de
Guédiguian. C'est vrai, il est austère ce pays de pierres et de
douleur, constitué avec « ce qui restait au fond du tamis lorsque Dieu a créé la terre », dit la légende. Mais il est aussi étrangement attachant.
Finalement, en contemplant les douze stèles (les douze apôtres) en basalte sombre du Mémorial du génocide arménien, au sommet de la colline du fort aux hirondelles, - là où 1 million de personnes viennent, chaque 24 avril, rendre hommage au 1,5 million de victimes du crime de « lèse-humanité» -, les mots de Marguerite Duras nous reviennent curieusement en tête. Notamment sur « l'illusion de pouvoir ne jamais oublier » dans « Hiroshima mon amour ». « Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien. » Et l'on se dit qu'on n'a (encore) rien vu à Erevan.
PIERRE DE GASQUET
19 octobre 2006
Destruction du patrimoine arménien
Pour parler d'autre chose.
Ca fait longtemps que je n'ai pas parlé de la destruction du cimetière médiéval de Djoulfa (Cf. >>note). Ce n'est pas parce que le sujet était clos et réglé. C'est plutôt l'inverse.
Une délégation d'euro-parlementaires devait se rendre au Nakitchevan pour faire une enquête sur place et constater la destruction massive du cimetière. Les Azéris leur en ont interdit l'accès.
Plusieurs mois après, le directeur général de l'UNESCO a été mis au courant de la destruction du cimetière.
L'UNESCO n'a à présent rien fait pour arrêter ces profanations.
Et là je me demande: mais que font les historiens et historiens en arts, que disent-ils? pourquoi ne se soulèvent-ils pas? Plutôt que de râler contre une loi qui n'aura aucune incidence négative sur eux, pourquoi ne dénoncent-ils pas les agissements de l'Azerbaïdjian contre la volonté clairement avérée d'effacer toute trace de la présence arménienne en Azerbaïdjian, notamment au Nakitchévan, et donc de détruire le patrimoine et la culture arménienne?
Il n'y a plus d'église, plus de monument arménien en Azerbaïdjian. L'intention est de supprimer tout ce qui est arménien pour faire croire au monde que les Azéris étaient là avant, alors que les Arméniens ont toujours été sur ces terres (Nakitchévan et Karabagh). C'est ce qui se passe déjà en Turquie. Des Turcs, qui ne seraient pas dirigés par l'Etat, détruisent les églises. Mais souvent elles sont transformées en mosquées, en bibliothèques, en étables.
>> Attitude timorée de l'Unesco face à la destruction du cimetière arménien de Djoulfa (Gamkonline)
L'Azerbaïdjian a, en outre, pris la décision de lancer une campagne internationale à travers les ambassades et consulats azéris et d'ouvrir de nouvelles ambassades partout où se trouve la diaspora arménienne. Le but? combattre l'influence du lobby arménien....
>> Le président azéri promet de combattre l'influence de la diaspora arménienne (Gamkonline)
Les Turcs et les Azéris, c'est kifkif.
>> Un génocide culturel (Yevrobatsi)
22 février 2006
Question écrite au gouvernement quant à la destruction de Djoulfa
Le député-maire d'Alfortville René Rouquet demande par une question écrite au gouvernement quelle position celui-ci compte prendre au sujet de la destruction du cimetière de Djoulfa dont j'ai parlé précédemment, étant donné que la France avait condamné fortement la destruction des statues de Bamiyan par les Talibans et qu'elle joue un rôle important dans la Convention mondiale de l'héritage de l'UNESCO.
>>Destruction de Djoulfa : Question de René Rouquet au gouvernement (Nouvelles d'Arménie)
04 janvier 2006
Profanation d'un cimetière historique arménien
On en parle pas,
mais ca arrive souvent. Au 19e
siècle, pas mal de khatchkars ont été déplacés dans
des musées.
la dernière en date a eu lieu en décembre
2005 par des Azéris
au Sud-Est du Nak
hitchévan. le cimetière antique de Djougha
de 10000 khatchkars (pierres tombales arméniennes avec une
croix dessus) dont 8000 ont été
détruites depuis 1998. Les morceaux cassés
sont jetés dans l'Araxe qui borde le cimetière. Ces pierres
veillaient sur les corps arméniens depuis le 16e
siècle et témoignent de la présence
arménienne dans cette région..
Et pourtant les Azéris persistent à dire que les Arméniens n'ont jms vécu sur ces terres. Le Nakitchévan est une région arménienne qui a été rattachée par Staline à l'Azerbaïdjan, tout comme le Kharabagh.
Un des historiens appelés par le gouvernement de Bakou, a écrit en 1986 que ces pierres étaient une "architecture médiéval de l'Azerbaidjan" ou les attribue aux Albanais alors qu'ils sont devenus musulmans depuis le 11e siècle, donc bien avant l'erection de ces khatchkars.
L'UNESCO est intervenue 2 fois (1998 et 2002) et là en 2005, mais elle ne fait rien de bien concret, comme les autres institutions internationales, donc ca continuera tjrs.
"Nos morts meurent une deuxième fois."*
"Les Arméniens
protestent, les Arméniens s'émeut et le monde se
tait."*
>>profanation du cimetière historique arménien de
Djougha (armenews)
ce genre de vandalisme ne se limite pas à ce cimetière là ni même au Nakhitchévan.
*Nouvelles d'Arménie Magazine
03 décembre 2005
Musique n° 9 : le doudouk à l'UNESCO
Le doudouk, instrument de musique
arménien, fait désormais partie du patrimoine oral et immatériel de
l'humanité.
Le Doudouk c'est quoi?
Je l'explique ici:
=> note sur l'instrument
=> note sur le maître du doudouk, Levon Minassian
et
cette note sur la musique
arménienne en générale
La liste des 43 nouveaux chefs-d'oeuvre
qui figure dans ce patrimoine a été dévoilée il y a quelques jours
par le directeur général de l'UNESCO, et sur laquelle se trouve
donc la musique interprétée au doudouk.
Le son du doudouk peut
désormais s’élever tranquille, l’Unesco veille sur
lui.
(site: Gamkonline)
MP3:
- Hol ara veze (en
écoute)
- Siretzi yares daran
Album
Minassian and friends
26 décembre 2004
Conte n° 3 : Le Roi et le barbier
Le Roi et le barbier
Un roi décide un jour de se déguiser et de se mêler au peuple. Il passe devant la boutique d’un barbier. Le barbier était seul, debout dans la boutique.
- Barbier, dit le roi, veux-tu me raser ? Je n’ai qu’un sou .
- Entre donc, dit le barbier, tu vois bien que je n’ai pas de client, un sou est un sou.
Il fait asseoir le roi, le savonne, prend son rasoir, commence à la raser.
Survient un de ses riches clients.
- Bonhomme, dit le barbier, va t’asseoir dans ce coin en attendant que je rase l’agha, je finirai ton rasage après.
Le roi, la figure à moitié couverte de mousse, s’assoit dans un coin jusqu’à ce que l’agha soit rasé. Puis c’est son tour. Quand il ouvre sa sacoche pour payer le barbier, celui-ci reconnaît les insignes du roi. Il se prosterne devant lui, il touche le sol du front.
Le roi dit :
- Relève-toi, barbier. J’ai compris que l’homme d’apparence pauvre n’est l’objet d’aucune attention, ni considération, même s’il est roi.
26 novembre 2004
Musique n° 8 : Levon Minassian
Le doudouk , « C’est l’âme du peuple arménien », se plaît à dire Lévon Minassian. Très répandu en Arménie, le doudouk est devenu, pour la diaspora, le symbole du pays.
En Europe, le grand public a découvert cet instrument grâce à l’album Passion de Peter Gabriel, qui est la musique de La dernière tentation du Christ, un film de Martin Scorsese. (NetArménie)
Il y a eu un échantillon aussi, dans La Passion du Christ et dans Gladiateur, et un peu partout dans les documents sur la Turquie, sur l'Inde, tout ce qui est un peu oriental quoi.
Minassian and Friends (album)
10 novembre 2004
Poème n°2 : Les déracinés
Les déracinés
Nous les déracinés,
arrachés de nos terres
des siècles et des années,
refusons de nous taire.
Nous les déracinés,
implantés dans le Monde
partout où nous sommes nés,
nos racines sont profondes
Nos racines arrachées
à nouveau s'enracinent
sans jamais se détacher
de nos vraies origines.
Des siècles et des années
nous qui savons souffrir,
bien que déracinés,
refusons de mourir.
Shamiram Sévag (née en 1914)


